CAIRN

Une monnaie que ton téléphone vérifie lui-même : aujourd'hui, et dans trente ans.

ILe problème

Toutes les cryptomonnaies se recentralisent en grandissant

Ce n'est pas un accident de parcours. C'est une conséquence directe de leur conception, et personne ne l'a corrigée.

Une cryptomonnaie, c'est un grand cahier de comptes public dont des milliers d'ordinateurs (les nœuds) gardent chacun une copie et sur le contenu duquel ils se mettent d'accord en permanence, sans banque, sans serveur central, sans patron. C'est cette redondance, et rien d'autre, qui rend le système décentralisé.

Or ce cahier ne fait que grossir. Chaque compte, chaque transaction, depuis le premier jour, à conserver pour toujours. Tenir une copie complète devient chaque année plus cher.

Ce que coûte aujourd'hui un nœud validant complet
RéseauStockageTrajectoire
Bitcoin≈ 700 Go+ ~50 Go / an
Ethereum≈ 1,2 Tojusqu'à ~20 To en archive
Solana≈ 1 To+ NVMe rapide, 256 Go de RAM
Cairnplafonné+ 129 Mo / an d'en-têtes et d'arbre

La conséquence est mécanique : de moins en moins de particuliers peuvent valider, de plus en plus ce sont des entreprises avec des datacenters.

Plus l'une de ces monnaies a du succès, moins il reste de gens capables de la vérifier. Elles se détruisent avec leur propre réussite.

IILa thèse

Ne pas transporter le cahier. Transporter son sceau.

Et si les nœuds ne gardaient pas le cahier ? À la place, chacun garde un sceau : un très petit code, quelques dizaines de caractères, calculé à partir du cahier entier.

Sa propriété (des mathématiques établies, pas une astuce) est qu'avec ce sceau seul, on peut vérifier qu'une page est authentique sans jamais avoir eu le cahier.

Le fonctionnement s'inverse alors : c'est celui qui dépense qui présente sa page, accompagnée d'une preuve qu'elle appartient bien au cahier officiel. Le nœud vérifie la preuve, met à jour le sceau, et n'a rien à conserver.

Le cahier peut grossir à l'infini ; le sceau, lui, garde toujours la même taille. Un nœud complet tient sur un ordinateur à soixante euros. Dans vingt ans aussi. Et sur un téléphone.

Mesuré sur l'implémentation
BilletsNœud classiqueNœud CairnPreuve d'un billet tombé
1 00076 ko≤ 2 ko263 o
10 000760 ko≤ 2 ko399 o
100 0008 Mo≤ 2 ko502 o
1 000 00076 Mo≤ 2 ko586 o

Mille fois plus de billets : la première colonne est multipliée par mille, la deuxième reste au même plafond, et la preuve que porte un utilisateur ne fait qu'un peu plus que doubler. C'est toute la thèse, en quatre lignes.

La dernière colonne est la preuve d'un billet tombé dans la cave quand la cave en compte autant, moyenne prise sur toutes ses places : un billet du tiroir n'en demande aucune. Sa longueur est la hauteur de l'arbre de la forêt où le billet est tombé, si bien que la plus longue dépasse la moyenne de trente-deux octets au plus. Cette colonne a d'abord été mesurée sur l'arbre du tiroir, dont personne ne présente jamais de preuve, et elle était d'une centaine d'octets trop haute à chaque ligne.

Le sceau est une liste d'au plus soixante-quatre racines de trente-deux octets chacune : sa taille est bornée par deux kilo-octets quel que soit le nombre de billets, et vaut quelques centaines d'octets aux tailles du tableau. C'est cette borne, et non une racine unique, que le nœud conserve.

IIILe mécanisme

Deux températures : le tiroir et la cave

Cette inversion a un prix : elle déplace la charge sur l'utilisateur. Sa preuve se périme dès que quiconque transige, et s'il la perd, il ne peut plus prouver ce qu'il possède. Une monnaie qui exige d'être connecté en permanence n'intéresse personne.

Cairn sépare donc l'état en deux, selon la seule chose qui compte vraiment : depuis combien de temps ça n'a pas bougé.

Le tiroir Taille fixe, conservé par chaque nœud Ce qui sert régulièrement. Aucune preuve à fournir, aucune complication : la monnaie s'utilise comme n'importe quelle autre. C'est le cas de la quasi-totalité des usages.
→n'a pas bougé
depuis longtemps
←tu présentes
ta preuve
La cave Taille illimitée, résumée dans le sceau Ce qui dort. Un nœud n'en garde que 64 empreintes, quel qu'en soit le contenu. Y toucher demande une preuve, que le porteur a gardée ou qu'un archiviste reconstitue.

Ce qu'un nœud doit tenir pour valider est plafonné par les règles : 68 Mo de tiroir, et pour pouvoir annuler les blocs récents 8,6 Mo de corps de blocs et le relevé de ce que chacun a fait, 51 Mo d'enregistrements d'annulation à 64 paiements par bloc, 400 Mo sur une chaîne de blocs pleins. Rien de cela ne grandit avec l'âge de la chaîne. La cave, elle, tient en 64 empreintes chez chaque nœud, à jamais. Ce n'est pas une figure de style : y ajouter un billet ne demande que ces empreintes, jamais le contenu, et c'est cette propriété précise qui fait que le coût d'un nœud est plafonné pour de bon.

La friction ne tombe ainsi que sur ce qui dort depuis des années : exactement le bon endroit où la mettre.

IVVerrouillé

Les quatre décisions prises

Elles ne sont plus rouvertes sans raison majeure : tout le reste s'appuie dessus.

Représentation de la valeur Des billets, pas des soldes On ne possède pas « un solde », on possède un ensemble de billets, comme du liquide. Payer 7 avec un billet de 10 consomme le 10 et rend un billet de 3. Un billet est créé une fois, détruit une fois, jamais modifié : c'est précisément ce que le système de sceau traite le mieux et le plus vite. Un solde qui change sans cesse se prouverait beaucoup plus mal.
Passage du tiroir à la cave Quand le tiroir est plein, le plus ancien non touché descend La seule règle qui garantisse vraiment un coût de nœud plafonné, c'est-à-dire la raison d'être du projet. L'alternative, un délai fixe, laisserait le tiroir gonfler avec la popularité et recréerait le problème qu'on veut résoudre.
Conservation de la cave Des archivistes, ouverts à tous, que personne ne paie Rien n'est jamais réellement perdu : tout est reconstituable depuis l'historique complet de la chaîne. Il faut seulement que quelqu'un le conserve. On en fait un rôle ouvert, non rémunéré, et surtout dont le réseau ne dépend pas : accueillir un nouveau venu ne demande que les en-têtes, que tout nœud garde, et un portefeuille tient ses propres preuves à jour. L'archiviste sert celui qui a perdu les siennes. Sans permission, sans privilège. Bitcoin et Ethereum reposent sur des archives que personne ne paie non plus, à ceci près que chez eux l'archive est l'histoire entière et qu'un nouveau venu en dépend. Ici il n'en dépend pas.
Mécanisme du sceau Un arbre de hachage, sans aucune cérémonie de confiance Les constructions à preuves plus courtes exigent une cérémonie d'installation dont le secret doit être détruit. Un participant qui en garderait une copie pourrait fabriquer de fausses preuves d'appartenance, c'est-à-dire créer de la monnaie à partir de rien, indéfiniment, sans que personne puisse le détecter ; et aucun audit ne peut établir après coup qu'un secret a bien disparu. Un arbre de hachage n'exige aucune cérémonie, se vérifie en quelques dizaines de hachages, et résiste aux ordinateurs quantiques, ce dont aucune des familles écartées n'est capable. Cette résistance porte sur la structure de l'état, pas sur les fonds : un billet est verrouillé par une signature Ed25519, qui n'est pas post-quantique. Depuis la 0.11.0, l'adresse est l'empreinte de la clé et non plus la clé, qui n'est donc inscrite sur la chaîne qu'au moment où un billet de cette adresse est dépensé. La forme retenue est une forêt à ajout : y ajouter un billet ne demande que la liste des racines, jamais le contenu. C'est cette propriété précise qui permet à un nœud de suivre la cave sans la détenir, et donc qui rend le coût constant réel plutôt qu'annoncé.
Mécanisme de consensus La preuve de travail, et l'arbitrage au travail cumulé La raison est le démarrage, pas la technique. La preuve d'enjeu confie la validation à ceux qui détiennent déjà de la monnaie ; au premier jour personne n'en détient, il faut donc en distribuer d'avance, et les fondateurs décident alors qui détiendra le pouvoir. Pour une chaîne dont la thèse est que personne n'a d'autorité, c'est une contradiction inscrite dans le bloc genèse. Avec le minage, la monnaie se gagne à partir de rien. Entre deux versions concurrentes de l'histoire, celle qui l'emporte est celle qui a coûté le plus de travail, pas la plus longue : une branche plus longue faite de blocs faciles est moins chère à produire qu'une branche courte faite de blocs difficiles, et confondre les deux revient à autoriser la réécriture du passé au rabais. À travail égal, la branche déjà suivie est conservée, et entre deux pointes de même hauteur tant que l'autre ne porte pas plus d'un demi-bloc de travail en plus : la difficulté d'un bloc suit l'horodatage de son parent, si bien qu'à longueur égale la branche datée plus tôt pèse un peu plus, et départager sur ce surplus donnait la course à qui datait ses blocs le plus tôt, un mineur qui retient ses blocs le premier, plutôt qu'au bloc reçu d'abord. Ce surplus grandit avec la profondeur de la course, si bien qu'un mineur qui date ses blocs aussi tôt que la médiane le permet emporte les courses de sept blocs ou plus, et y perd en difficulté plus qu'il n'y gagne.
Taille du tiroir 131 072 billets, soit environ 68 Mo Mesuré, pas estimé : un billet chaud coûte 516 octets à travers les trois structures qu'un nœud tient pour lui, dont un peu plus de la moitié pour l'arbre qui les engage. Le chiffre découle de la promesse et non de ce qu'un serveur pourrait se permettre : un téléphone doit pouvoir le tenir, sinon le portefeuille redevient dépendant d'un serveur, c'est-à-dire exactement la centralisation que ce projet existe pour supprimer. Conséquence à assumer : à ce format, un billet inactif descend à la cave en quelques heures quand les blocs sont pleins, en quelques jours quand ils sont presque vides. La cave n'est pas une perte, mais cela rend le suivi des preuves par le portefeuille indispensable et non optionnel.
Émission Division par deux tous les deux ans, jusqu'à un plancher perpétuel Les divisions successives distribuent environ 105 millions de CAIRN. Ensuite la récompense ne bouge plus : un centième de CAIRN par bloc, quelques milliers par an, soit un deux-centième de pour cent, part qui décroît d'elle-même à mesure que le total grandit. Le plancher est le point discutable, et c'est un choix délibéré. Un calendrier qui atteint zéro laisse les seuls frais payer le travail qui sécurise la chaîne, et personne n'a démontré qu'un marché de frais y suffise : la question reste ouverte sur la seule chaîne assez vieille pour se la poser. Une chaîne dont toute la promesse est d'être encore vérifiable dans trente ans ne peut pas faire reposer cette promesse sur une question ouverte. Elle continue donc de payer.
Combien d'en-têtes un nouveau venu ouvre Quatre mille quatre-vingt-seize, et la garantie s'énonce en profondeur Le tirage doit être plus dense près du sommet, sans quoi un faussaire forke profond et place son mensonge là où l'on tire peu : il en invente davantage en valeur absolue, mais on le lui demande beaucoup moins souvent. La densité qui neutralise ce choix est une sur la distance au sommet, et son prix est un facteur égal au nombre de halvings sur chaque tirage. La première version du calcul l'avait oublié : elle annonçait cinq cent douze tirages et quarante-cinq pour cent, et la mesure a montré que le placement qui arrange le mieux un faussaire ramenait cette garantie à deux puissance moins six. Le compte corrigé est quatre mille quatre-vingt-seize, soit trois mégaoctets pour rejoindre une chaîne de trente ans, contre les cent quatre-vingt-dix-sept gigaoctets qu'il remplace. Il tient, mesuré, jusqu'à quarante-trois pour cent de la puissance mondiale ; les papiers annoncent quarante, gardant trois points pour l'écart entre un escalier de halvings et la densité lisse qu'il représente. Le tirage cesse de distinguer à 512 blocs du sommet, délibérément : descendre plus fin coûterait davantage d'échantillons pour séparer des chaînes que le choix de branche ne sépare pas non plus. La garantie s'énonce donc en profondeur, et c'est plus honnête ainsi : un faussaire à quarante pour cent ne peut pas placer un nouveau venu sur une branche qui s'écarte de la vraie de plus d'environ 633 blocs, une dizaine d'heures. En deçà il le peut, comme un pair lent le peut : c'est la situation de tout nœud pendant ses premiers blocs, et c'est moins profond que la réorganisation qu'un nœud accepterait de toute façon. Au-delà de cinquante pour cent, plus rien ne protège : un faussaire qui détient la moitié du travail n'a plus rien à inventer.
Changer une règle une fois la chaîne lancée Une hauteur d'activation inscrite dans le programme, jamais un vote Tant que la monnaie ne vaut rien, une règle qui change se paie en renumérotant le réseau : on jette la chaîne et on recommence. C'est arrivé sept fois, et ça n'a rien coûté. Le jour où elle vaut quelque chose, ce même geste efface les soldes de tout le monde. Une règle qui change porte donc désormais la hauteur à partir de laquelle elle s'applique : les blocs antérieurs continuent d'être jugés par la règle qui les jugeait, si bien que rien de ce qui est déjà miné ne devient invalide et qu'aucun solde n'est détruit. Personne ne vote. La hauteur est dans le code, publiée longtemps avant d'arriver, et un nœud qui n'est pas d'accord fait tourner un autre programme plutôt que de déposer un bulletin. Le signalement par les mineurs a été envisagé puis écarté : il donnerait à ceux qui minent un droit de veto sur les règles, c'est-à-dire exactement l'autorité que cette chaîne refuse d'accorder à quiconque, et c'est déjà l'objection qu'elle fait à la preuve d'enjeu. Ce qu'aucun mécanisme ne résout : un nœud qui n'a pas mis à jour à temps se retrouve sur une autre chaîne. Il ne fait pas semblant de fonctionner : il dit quelle version lui manque et il s'arrête, parce qu'un portefeuille qui lit un solde sur une chaîne abandonnée répond avec assurance et se trompe.
Langage d'implémentation Rust Sécurité mémoire : un dépassement dans un validateur, ce sont des fonds volés. Pas de ramasse-miettes, donc un temps d'exécution des blocs prévisible. Le meilleur écosystème cryptographique existant. Et le langage où le code d'un nœud est le plus auditable par des tiers, ce qui compte le jour où l'on demande à des inconnus de le faire tourner.
VVerrouillé

Trois garanties gravées dans le protocole

Descendre à la cave n'est pas perdre son argent. La cave n'est pas une poubelle : un billet y vaut exactement ce qu'il vaut au tiroir. Ces trois règles rendent cette phrase littéralement vraie, et elles ne bougeront plus.

  1. Rien n'est jamais détruit ni grignoté.Aucun loyer qui ronge un solde, aucune date d'expiration, aucune confiscation. Jamais, dans aucune circonstance.
  2. Reconstituable pour toujours, sans limite de temps.Même après la perte totale du portefeuille, les fonds se récupèrent depuis l'historique public via un archiviste. C'est cette garantie qui rend la règle du tiroir acceptable.
  3. Le portefeuille absorbe toute la complexité.Il conserve et rafraîchit les preuves en arrière-plan. Dépenser depuis la cave est un peu plus lent ; ce n'est pas une démarche.
VIRaison d'être

À quoi ça sert, concrètement

Une monnaie sans raison d'exister est un support de spéculation, pas un projet. Mais cette raison n'a pas à être une application posée par-dessus : chez Bitcoin, le protocole est le projet. Ici aussi. Et l'usage découle mécaniquement de la conception, il n'est pas plaqué dessus.

Aujourd'hui, ouvrir une application crypto sur un téléphone ne vérifie rien du tout. L'appareil est incapable de porter le cahier, donc il interroge un serveur, souvent le même pour des millions de personnes. On fait confiance à une entreprise pour savoir ce qu'on possède. C'est la centralisation la plus massive de tout l'écosystème, et elle est presque invisible.

Chez Cairn, le cahier ne pèse rien. Le téléphone est donc un nœud du réseau à part entière : il vérifie lui-même, ne demande la permission à personne, et fonctionnera encore dans trente ans.

Aucune grande chaîne existante ne peut tenir cette promesse, parce qu'aucune n'a été conçue pour.

VIIÀ trancher

Ce qui reste ouvert

Les questions encore posées, par ordre d'urgence. Aucune ne bloque le démarrage du code.

  • La borne d'échantillonnage n'est pas démontrée, elle est mesurée. Quarante pour cent et 633 blocs sont des chiffres obtenus en cherchant le placement qui arrange le mieux un faussaire, pas en prouvant qu'il n'y en a pas de meilleur. La première version de ces chiffres était fausse d'un facteur considérable, et c'est une mesure qui l'a montré, pas un raisonnement. La seconde erreur du même genre a été trouvée depuis, et elle était bien cachée un cran plus bas : le nombre de paliers sur lesquels le tirage s'étale se lisait sur une hauteur que le prouveur écrit lui-même, et la part à laquelle le compte tenait vraiment était trente et un pour cent au lieu de quarante. Elle est réparée, le compte se prend maintenant sur l'âge que la chaîne s'attribue, que l'horloge du lecteur plafonne. Ce que personne d'extérieur n'a vérifié, c'est la troisième.
  • Ce que coûte de pouvoir annuler. Un nœud ne garde plus toute l'histoire en mémoire : les corps des soixante-quatre derniers blocs, les en-têtes du reste de la fenêtre, et une empreinte tous les 1 024 blocs pour ce qui est plus ancien. Mais il garde, pour chaque bloc qu'il pourrait encore annuler, ce que ce bloc a fait et de quoi le défaire, et c'est devenu le plus gros poste de ce qu'il tient : plus que le tiroir dès que les blocs sont un peu remplis. C'est plafonné et cela ne grandit pas avec l'âge de la chaîne ; reste à savoir si le téléphone doit tenir ce plafond-là, ou si ces relevés peuvent vivre sur son disque comme les corps de blocs.
  • Les billets intelligents. Des billets porteurs de règles plutôt que d'un simple montant. Reporté après le testnet, utile mais pas au prix d'un retard sur le cœur.
VIIILe chemin

L'ordre des choses

  1. Le cœurFaitBillets, signatures, blocs, validation. Écrit en Rust, 50 tests au vert : une chaîne produit des blocs, les vérifie, refuse une double dépense, une signature falsifiée, une création de valeur, un bloc rattaché au mauvais parent.
  2. Le sceauFaitL'accumulateur et les preuves d'appartenance et d'absence. Un million de billets tombés tiennent dans au plus soixante-quatre empreintes de 32 octets ; une preuve pèse 586 octets en moyenne. Une preuve périmée cesse de fonctionner, une preuve ne peut pas être rejouée pour un billet voisin, et l'empreinte ne dépend que du contenu, jamais de l'ordre des opérations.
  3. Les deux tiroirsFaitLe sceau est branché : le tiroir plafonné que les nœuds gardent, la cave qui ne vit que dans l'empreinte, la descente automatique du plus ancien, et la dépense sur preuve pour ce qui est descendu. Un billet qui remonte de la cave revient dans le tiroir. L'empreinte du bloc engage les deux tiroirs et leurs effectifs, donc la frontière elle-même est vérifiable.
  4. Le consensus et l'arbitrageFaitMinage, difficulté qui suit un calendrier fixé au premier bloc (ASERT, demi-vie d'une heure) et répond à une baisse de moitié du débit en trois heures environ sans qu'une rafale de débit loué puisse geler la chaîne, horodatage adossé à la médiane des blocs récents, et la règle qui départage deux versions concurrentes de l'histoire. Chaque bloc appliqué inscrit son propre inverse, donc revenir en arrière coûte les blocs déplacés et non toute l'histoire. Un changement de branche est tout ou rien : un bloc invalide découvert en cours de route ramène le nœud exactement là où il était.
  5. Le réseauFaitLe transport entre machines, la présentation entre pairs, la propagation des blocs et la synchronisation d'un nœud qui démarre de zéro. Cinq nœuds branchés en ligne se transmettent une chaîne entière et un bloc neuf remonte la ligne de proche en proche. Tout ce qui décide quoi que ce soit est écrit pour être testable sans réseau ; la couche qui transporte, elle, ne décide de rien.
  6. Tenir dans la duréeFaitUn nœud écrit sa chaîne sur disque et la rejoue au démarrage, en la revérifiant plutôt qu'en faisant confiance à son propre disque. Et il trouve ses voisins en les demandant à ceux qu'il a déjà : une seule adresse suffit pour rejoindre un réseau, et plus aucune pour y revenir. Un nœud est joignable à l'adresse d'où sa connexion arrive, jamais à celle qu'il prétend.
  7. Les exécutablesFaitUn nœud et un portefeuille, en ligne de commande. Le portefeuille ne demande pas à un serveur ce qu'il possède : il rejoint le réseau, vérifie la chaîne lui-même et lit son solde dans le grand livre qu'il vient de valider. Les règles de consensus se choisissent en nommant un réseau et ne se règlent pas une par une. Une transaction attend maintenant dans une réserve qu'un bloc l'emporte, ce qui permet à quelqu'un de payer quelqu'un d'autre. Reste la version téléphone.
  8. Le portefeuille qui garde ses preuvesFaitL'ajout d'un billet dans la forêt fournit sa preuve au passage : elle n'est jamais à demander. À partir de là, un nœud à qui l'on a nommé un propriétaire tient ses preuves à jour avec ce qui circule déjà dans les blocs, sans jamais interroger personne. Deux corrections sont venues du premier essai réel : une preuve prise il y a quelques blocs reste acceptée, sinon une transaction écrite pendant qu'un bloc se trouve serait perdue ; et un billet qui vient de descendre reste dépensable sans preuve pendant une fenêtre fixe, sinon la frontière entre les deux tiroirs serait une falaise dont le payeur ferait les frais sans avoir rien fait de mal.
  9. De quoi ouvrir un réseauFaitChaque réseau part d'un bloc inscrit dans le programme, donc deux nœuds qui ne se sont jamais rencontrés sont sur la même chaîne par construction, et aucun n'a à croire un inconnu sur l'origine de l'histoire. Ce qui est écrit n'est pas une promesse mais des octets : n'importe qui recalcule l'empreinte et vérifie le travail derrière. Le premier bloc demande déjà un vrai travail, mesuré, sans quoi les premières secondes appartiennent à qui démarre en avance. Aucun bloc ne peut être daté avant l'ouverture annoncée. Et le premier bloc porte de quoi dire de quel jour il est, ce qui prouve que la chaîne n'a pas été lancée en douce des semaines plus tôt.
  10. La porte d'entréeFaitUn explorateur, qui est un nœud qui sert en plus un site : la chaîne en public, et l'explication de la chaîne. Il tient un index des propriétaires vers leurs billets, c'est-à-dire exactement le coût qui grandit que le protocole refuse d'imposer aux validateurs, et c'est la raison pour laquelle il vit dans un programme séparé que personne n'est obligé de faire tourner. Le site est écrit trois fois : le lecteur choisit en arrivant ce qu'il sait déjà, et ce choix le suit partout, si bien que la page d'un bloc explique ce qu'est un bloc ou donne la structure des engagements. Anglais et français, une langue étant un fichier et rien d'autre. La page ne fait que lire : elle ne détient aucune clé et ne peut rien signer, parce qu'un portefeuille dans un navigateur est d'où viennent la plupart des vols de ce milieu.
  11. Tenir le chocFaitUn nœud ne peut plus être immobilisé ni noyé. Un pair qui ouvre un message puis se tait était capable de bloquer un fil d'exécution aussi longtemps qu'il gardait la connexion ouverte, et une poignée d'entre eux suffisait à rendre un nœud sourd : il est maintenant relâché en quelques secondes, et la distinction est faite entre un pair qui n'a rien à dire, ce qui est normal, et un pair qui retient un message en cours, ce qui ne l'est pas. Le nombre de connexions est plafonné, ainsi que la part qu'une même adresse peut en prendre, et un pair qui envoie un bloc invalide est refusé pendant un moment plutôt que libre de recommencer aussitôt. Rien de ce qu'un inconnu fait ne décide plus de la mémoire que dépense le nœud : les enregistrements d'annulation, les blocs déjà jugés mauvais, les branches perdues et la file d'attente de chaque pair sont tous bornés. Enfin, le répertoire de données est tenu par un verrou que le système d'exploitation relâche à la mort du processus, si bien qu'un serveur qui perd le courant redémarre seul, là où un fichier oublié imposait une intervention humaine.
  12. Pouvoir rejoindre sans tout téléchargerFaitLe coût de validation était plafonné, mais celui de l'arrivée ne l'était pas : mesuré, trente ans de chaîne chargée représentent 229 gigaoctets à télécharger, pour aboutir à un état qui en pèse 68 Mo. Chaque en-tête engage désormais deux choses de plus : le travail accumulé derrière toute la chaîne, et l'ensemble des en-têtes antérieurs, porté comme la cave sous forme de soixante-quatre empreintes. Cela permet de remettre à un nouveau venu un échantillon d'anciens en-têtes, qu'il vérifie être réellement à la place annoncée, et d'établir ce qui se tient derrière le sommet sans lire les millions d'en-têtes intermédiaires : environ 3 Mo au lieu de 2,9 gigaoctets, sans point de contrôle et sans croire personne. Le protocole qui s'en sert est écrit depuis : un nouveau venu pèse la chaîne, reçoit le grand livre et valide lui-même les blocs qui le séparent du sommet. Les champs, eux, ne pouvaient pas attendre, car changer la forme d'un en-tête invalide tous les blocs déjà minés. Le réseau de test a donc pris le numéro suivant, ce qui n'a rien coûté aujourd'hui et aurait tout coûté plus tard.
  13. Pouvoir changer une règle sans jeter la chaîneFaitLe seul outil dont disposait le projet pour changer une règle était de renuméroter le réseau, ce qui a servi sept fois et qui, sur une chaîne qui porte de l'argent, efface les soldes. Une règle qui change nomme désormais la hauteur à partir de laquelle elle s'applique, et les blocs d'avant restent jugés comme ils l'ont toujours été. Deux choses le rendaient déjà possible sans que personne l'ait prévu : chaque bloc porte un numéro de version, et c'est le tout premier champ qu'un nœud lit, donc il peut décider comment lire le reste après l'avoir lu ; et la hauteur est disponible partout où une règle est vérifiée. La moitié la moins évidente est ce que fait un nœud dépassé. Il refusait le bloc comme mauvais et coupait avec le pair qui l'envoyait, c'est-à-dire avec tous ceux qui avaient mis à jour, ce qui le laissait suivre la chaîne minoritaire de ceux qui ne l'avaient pas fait. Il distingue maintenant les deux cas, dit quelle version lui manque, et s'arrête.
  14. Le testnet publicFaitUne monnaie sans valeur, ouverte, que des inconnus font tourner, ouverte le 1er septembre 2026 sous le nom de testnet-6, aujourd'hui testnet-8. Le seul vrai test de décentralisation : tout ce qui précède peut être parfait et échouer ici.
À savoir, pas maintenant

Une cotation n'est pas une étape technique. C'est une décision commerciale et juridique prise par des tiers, très en aval de tout ce qui précède : elle suppose une chaîne qui tourne, des nœuds tenus par des inconnus, et de la demande réelle. La laisser influencer les choix de conception aujourd'hui abîmerait le protocole sans rapprocher l'objectif d'un jour.

Côté cadre légal, l'Union européenne applique le règlement MiCA depuis fin 2024, et une émission publique y crée des obligations réelles. Un point mérite d'être connu tôt car il oriente la conception de l'émission : les crypto-actifs créés automatiquement en récompense du fonctionnement du réseau bénéficient d'un régime nettement plus léger qu'une vente au public. Ce n'est pas un avis juridique : c'est un sujet à faire regarder par un professionnel avant toute ouverture au public.